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mercredi 11 janvier 2012

couleur verte et Temperley London

Ces derniers mois, j'observe comment la mode timidement va remettre la couleur verte sur les podiums. Je me réjouis assez de voir réapparaître cette couleur, en dehors du kaki que j'aime déjà, mais je pensais qu'elle serait beaucoup plus présente dans les boutiques ces dernières saisons.

D'un point de vue personnel, je cherche aussi des couleurs dans lesquelles je me sentirais bien. Il y a de nombreuses couleurs que j'aime, mais je les préfère sur d'autres teints que le mien, sud-asiatique. J'aime notamment les couleurs chairs, les roses pastels et délicats mais surtout sur des peaux claires. Les tons clairs ont tendance à faire ressortir ma couleur mate, je me demande si ce n'est pas pour ça que je m'habille de plus en plus seulement de noir.

En survolant les "blogues modes", de ceux du point de vue du consommateur et non du point de vue du créateur ou du journaliste, je remarque la constance du fameux "fashion faux pas" (voire fashion faut pas), c'est à dire qu'il y a des règles dans la mode à appliquer et ne pas appliquer selon les périodes. Ma philosophie est surtout d'éclater ces règles avec conscience de ces dernières, cela s'apparente au détournement et qui dit détournement dit pour moi "esprit punk", que j'aime à garder pour revendiquer que la règle numéro un est de se faire plaisir stylistiquement. Tout ça pour dire que j'observe souvent le "fashion faux pas" qui serait de "faire gothique". C'est à dire qu'on peut puiser dans l'univers gothique avec les motifs têtes de mort, cuir, métal, noir etc mais pas trop. Du coup j'ai l'impression que "faire gothique" est le "fashion faux pas" du style pétasse et réciproquement. En prenant du recul, en quoi un gros eye liner noir serait il plus "bizarre" que du fond de teint orange ou mate ?

Ce qui m'a motivé à rédiger une note n'est pas cela mais plutôt cet ensemble de Temperley London, pour la pré collection automne hiver 2012-2013 :

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J'aime énormément cette association de vert sapin en matière satinée sur laquelle s'ajoute une dentelle délicate sur des tons roses dorés subtils. Peut être que j'aime surtout le collant à pois et que je compte faire une note sur chaque tenue comprenant cet élément.

Enfin d'autres tenues que j'aime de cette collection :

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J'aime toujours autant le doré, les tissus lamés d'or, les dentelles, perles et sequins métalliques, même si on commence à en voir un peu trop en ce moment.

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vendredi 14 octobre 2011

FRANCESCO SCOGNAMIGLIO


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J'aime beaucoup certains modèles de la récente collection de prêt à porter printemps-été 2012 de FRANCESCO SCOGNAMIGLIO.
J'aime particulièrement les matières noires transparentes et brodées, à la fois délicates et séduisantes. J'adore les collants à pois entre plumetis et mini clous et les chaussures ouvertes à multiples sangles. En ce moment j'ai envie de matières fines, délicates et travaillées sur des tons sur tons, noires idéalement.


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source Vogue.

lundi 25 juillet 2011

Kirsten McMenamy




Bien que j’adore la photographie de mode par-dessus tous les autres styles de photographies, et que je sois passionnée par les vêtements de couturiers et de créateurs, je m’arrête assez peu sur le mannequin. Celui-ci me semble trop périssable, et malgré cette injuste réalité qu’est la mode, les mannequins ne sont vraiment pas à plaindre.

En regardant le court métrage de Karl Lagerfeld : The Tale of a Fairy, je fus captivée par le personnage joué par Kirsten McMenamy. Elle dégageait une allure aristocrate de femme sûre de ses choix. Dans la vraie vie je ne sais pas si ce genre de tempérament conviendrait à mes penchants de justice sociale, mais il est certain que quelque chose m’éblouirait avec joie devant une telle personne.





D’ailleurs je me fais une image de Karl Lagerfeld assez similaire, un tempérament très sûr de lui, certes moins nerveux et plus léger, doté d’un humour fin et d’une culture impressionnante. C’est un personnage que j’idolâtre presque car je le sens travailleur, créatif et sensible. Une personne qui rayonne de créativité et d’audace qui m’épanouis. Je ne suis pas toujours aussi sensible à ses collections, mais je le respecte énormément. Indirectement il m’encourage moi-même à être créative et légère, et même s’il y a de l’injustice j’aimerais être entourée de personnes aussi érudites et libérées. Pour moi quelqu’un de libéré est quelqu’un qui ne cherche pas à couper les têtes pour se cloisonner et se sentir rassuré d’un monde fermé auquel il se raccroche. Rien n’est jamais « trop » excentrique malgré une ligne de conscience ferme et maitrisée. En regardant le défilé croisière de Chanel, j’ai reconnu la démarche très affirmée et presque caricaturale et nerveuse de Kirsten McMenamy.




Découvrant d’autres vidéos j’apprends qu’elle a 47 ans et cela ajoute une part d’intérêt à sa personne. Réunissant les photos où elle apparaît je remarque qu’elle fut la modèle posant pour Steven Meisel pour la série de photographies Vogue qui m’avait déjà interpelé Water & Oil. D’ailleurs le photographe la choisit souvent et ce n’est que plaisir et audace de découvrir ses derniers clichés.


corps carné corps incarné

Dans la représentation du corps féminin, je partage assez les critères esthétiques de la Haute Couture, en revanche je me suis toujours sentie mal à l’aise avec les canons plus populaires que sont les stars hollywoodiennes, les mannequins pour les vêtements de grande diffusion, les actrices de spots publicitaires ou les chanteuses de Rn’B. Cela ne vient pas simplement de leur corpulence, je préfère ce qui me semble avoir du caractère, de la gueule, de la fragilité, du bizarre et de l’étrange romantique. Et avoir du style n’est pas seulement question de chair.



Contrairement à ce qu’on veut bien croire la norme n’est pas aux femmes dîtes anorexiques (qui est un comportement et non pas une silhouette physique), celles-ci sont souvent fustigées. La norme est probablement plus aux femmes minces avec un peu de formes sans toutefois avoir un corps trop athlétique, en tout les cas il ne faut surtout pas voir « les os ». Peut être qu’en effet les femmes plus enrobées sont moins valorisées que les femmes très maigres, tout du moins dans les médias, car bien des hommes les préfèrent aux femmes plus maigres. La dimension d’un corps sexuel est souvent une raison qui peut expliquer ces préférences. Les corps des mannequins, souvent androgynes ou froids appellent moins directement à la consommation charnelle (ce serait plutôt l’émotion esthétique qui pourrait ensuite susciter un désir sexuel). Mon attrait personnel vers les corps maigres se situe d’avantage vers une vision du corps moins charnel mais plutôt esthétique, architecturale, graphique. Je peux trouver des « moments photographiques » émouvant sur le visage d’une personne croisé dans le métro, sans avoir ma libido ou mon instinct de conquête stimulé, je peux me satisfaire d’un moment de discrète contemplation. En revanche, une fois cette émotion esthétique ressentie, peut être suscité un désir sexuel « indirect », un peu à la manière de certains fétichismes, comme je peux être troublée à la vision d’une cicatrice, de chaussures portées, etc, le sujet sexuel n’est plus le corps (ou le sexe) de l’individu, mais un prolongement mental ou matériel de ce corps.


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Depuis que je dessine, j’ai toujours représenté des femmes aux allures longilignes et on n’a cessé de me faire remarquer mes problèmes de proportions. Plusieurs clients potentiels qui m’avaient donné un entretien à la vue de mes dessins m’avaient demandé de dessiner des « vraies femmes » plutôt que mes habituelles silhouettes fragiles, froides et fatales aux allures asexuées et androgynes. Malgré ce qu’on m’a toujours répété, malgré mon corps frêle par endroit, je suis une femme, et je ne veux pas être contestée dans ma féminité de ne pas correspondre à des normes avec lesquelles je ne suis pas à l’aise. J’ai parfois l’impression d’avoir un corps d’enfant et de faire face à des adultes qui souhaitent changer mon corps pour mieux en abuser, je me sens assez mal à l’aise avec ça. J’ai appris, comme la plupart des adolescentes, que pour intéresser les gens il fallait utiliser la séduction, l’enjeu sexuel et j’ai compris par la suite que c’était une fausse croyance. Je suis mal à l’aise avec une image de la femme prête à afficher un sourire niais et lisse, non pas que je préfère la tristesse, mais parce que je trouve les sourires hypocrites et vendeur d’un produit qui serait notre propre corps. Plutôt être authentique quitte à ne pas sourire.



Ce qui me met peut être mal à l’aise est la dimension sexuée d’une représentation d’un corps de femme. Disons que j’accepte cette dimension sexuelle, mais trouve ça dommage de réduire l’image d’une femme à cela, c'est-à-dire que j’aime y mêler d’avantage d’émotions, comme la poésie, la délicatesse, le rêve par exemple ou autre. Certains diraient que c’est la différence entre la pornographie et l’érotisme, mais parfois quand c’est dit érotique, c’est déjà trop réduit à la dimension sexuelle pour moi et paradoxalement la pornographie a des aspects qui m’intéresse dans sa crudité à traiter la chair et les pulsions sexuelles.

jeudi 05 mai 2011

Décélération

Uchronie


Ce matin, j’étais de bonne humeur, chose finalement assez rare. Je sortais d’un rêve agréable. Je rendais visite à une famille accueillante, composé d’une sœur, Alice, un frère R., des parents gentils, nous habitions une belle maison en Bretagne. Je n’ai jamais su ce qu’était une famille agréable, mais j’ai compris que ça permettait de nous aider dans notre représentation du réel, notre confiance en l’avenir ou dans les autres, ça nous aidait à vouloir prendre des décisions sans avoir peur des difficultés. Je ne sais pas si je devrais essayer de me télécharger un passé différent pour surmonter mes blocages actuels, le côté factice me dérange, mais les souvenirs sont plus ou moins factices et se déforment avec le temps. Qu’est ce qui est plus proche de la vérité ? Il y a des méthodes pour ça, comme certaine forme d’hypnose, des sortes de méthode coué, ou des mantras d’auto suggestion où on se répète « tout va bien » (c’est ce que je fais dès qu’une situation ou une personne se montre oppressante).


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Futur

Mais ceci n’était pas le sujet de ma note, celui-ci se voulait plutôt être : une vision positive du futur. En observant objectivement le monde tel qu’il se déroule, tel qu’il a été construit par les hommes, on peut se rendre compte de certains malaises, inégalités et autres difficultés sordides. Je ne vois pas ma place dans ce monde, il n’y a pas de futur pour des gens comme moi, sensibles. Il n’y en a même pas pour les autres, en fait je me demande qui croit au futur, à part ceux qui grillent leurs neurones devant la propagande néolibérale, leur promesse de richesse (gagner plus) et autres mensonges. On pourra toujours se moquer des précaires et autres « paumés » qui crient No Futur car « il n’y a effectivement pas de futur pour nous. »
Beaucoup méprise mon obstination à ne pas vouloir croire aux mensonges de cette société, mais cela alimente ma soif de connaissance, mon besoin de trouver des solutions alternatives à un monde qui se casse la gueule.

Hier soir en lisant les articles consacrées aux objecteurs de croissance, je me suis sentie bien, suffisamment bien, pour bien dormir, bien rêver et me réveiller avec joie et enthousiasme, c’est donc cela la Foi en l’avenir et aux hommes ?

Ca fait un moment que j’entends parler de cette façon de voir la vie, j’ai notamment fait mes études à Lyon au moment où les casseurs de pub commençaient à faire parler d’eux, et c’est vrai qu’on a tendance à être au courant plus rapidement du dénigrement de ces visions du monde que des propositions initiales. Donc tout cela est omniprésent en moi mais ça fait du bien de se replonger dedans de temps en temps.


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Vitesse

Je m’applique souvent à partir de mes sensations intimes et sincères, à me poser dans l’ici et maintenant, à observer ce que je ressens et à me demander ce que je veux. En choisissant d’être sincère avec moi, j’ai plus que tout confiance en mes choix et en mes idées à chaque instant.
En scannant ainsi certains moments, je remarque un malaise dans ma vie à toujours vouloir aller de plus en plus vite, à craindre perdre mon temps. D’une certaine manière j’aime ça, aller vite, ne pas perdre mon temps, mais je suis souvent rattrapée par le stress lié à ces notions. Et c’est ce stress que je ne veux pas accueillir dans ma vie. C’est pour moi un gros travail, car je suis réellement complexée par ma productivité, qui n’est jamais assez performante.
Oui mais à quoi bon ?
Aujourd’hui, même si on suit les règles, la propagande, on fini par se rendre compte de la supercherie de la méritocratie. Non ça ne marche pas, on est déjà perdant, on est déjà mort, mis au banc. J’aimerai alors tenter de puiser la force créé par cette exclusion sociale. Mais je me sens dans un entre deux, et je n’arrive pas à franchir le pas. Celui qui probablement me mènerait d’ailleurs vers le terrorisme. J’ai revu récemment le film Brazil et c’est une totale jubilation de voir caricaturé le système avec une palette de décors fantastiques, d’années cinquante (modernité américaine), d’années quatre vingt (contemporain à la réalisation) et d’écrans technologiques partout (science fiction dépassée par le présent).

Mon complexe de la performance et du temps qui file m’a été appuyé dans l’exemple d’une journée pressée du français moyen que l’auteur de l’article cité décrit et surtout dans le commentaire qui suit :

« Trouvez-vous franchement que cette vie de cons soit satisfaisante ? Et pourtant, c’est ça ou le chômage, et il faut bien payer le crédit de la baraque dans le lotissement de cadres moyens, les traites de la bagnole (pour aller au boulot), etc etc… C’est même la vie que les pauvres et les chômeurs envient. »

C’est exactement ça, je me situe entre les pauvres et les chômeurs et j’essaie tant bien que mal à aspirer à cette vie pour enfin pouvoir m’en plaindre sur facebook, mais au moins j’aurai un travail et le droit et la quiétude de ne plus faire partie de la cible de la droite qui chasse les soit disant chômeurs fainéants et autres « profiteurs ».
Parce que si on croit franchement que je n’ai pas le stress du travail, il est largement compensé par la culpabilité, le jugement d’incompétence malgré des qualités réelles, le stress de se retrouver à la rue parce que personne ne souhaite nous louer un petit toit insalubre, les papiers administratifs et leur fichage appelant à la délation. Alors si les chômeurs sont des fainéants, s’ils sont enviables, céder votre travail à un chômeur et prenez leur la place.


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Décélération

Alors sans être convertie à la décroissance, je vois ces propositions et ce futur avec un œil plus « humain », plus agréable ou censé. J’espère vraiment que les personnes prendront conscience qu’il y a d’autres voies que celles qu’on nous brandit. Personnellement j’aspire à une quiétude et un bien être plus global, malgré ma haine du cliché gauchiste, du « cool », du bien-pensant ou du rebelle décérébré jouisseur, préférant et voulant valoriser la figure du responsable et du conscient, sensible et créatif.

jeudi 21 avril 2011

[dessin] Jérôme Zonder


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Quand j'ai vu ce dessin à la maison rouge, pour l'exposition "Tous cannibales", ça me faisait trop penser à du Gottfried Helnwein pour vouloir m'y intéresser d'avantage. Et puis, en lisant, bien tardivement le numéro d'avril de Art Press je me suis intéressée à cet artiste dessinateur. Un article et rien de moins que la couverture du numéro 377 pour nous faire découvrir un des talents émergents, mais déjà exposé en galerie (Eva Hober depuis 2008) et nourri à l'enseignement des Beaux Arts de Paris.

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Je trouverai ça redondant de rappeler que j'aime le travail du dessin, notamment le style hyper réaliste, surtout quand celui ci développe des thèmes dans l'air du temps et qui me sont familiers comme une certaine idée du grotesque, du cynisme et de la violence pop ou gothique. Les sujets de la culture pop, des dessins animés, de l'enfance, des nazis ont déjà été bien brassés par de nombreux artistes mais je reste toutefois touchée ou impressionnée par la finesse des détails du dessin.

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mercredi 09 mars 2011

Le fétichisme du col Claudine

Défilé Louis Vuitton prêt-à-porter automne-hiver 2011-2012.

En temps que styliste qui se nourrie des tendances actuelles et des réflexions sur le corps et l’identité, je me tiens au courant des dernières créations et notamment des défilés de prêt-à-porter et de Haute Couture. J’aimerai pouvoir rédiger une note de tous ce qui se passe dans mes yeux et dans ma tête quand je découvre certaines pièces, mais je privilégie mon temps à me nourrir de davantage d’images. Je reste ravie de constater qu’il règne toujours de nettes références aux vestiaires traditionnels fétichistes, aux modes inspirées du rock, du punk, du metal ou du gothique. Bien évidemment il suffirait de se replonger dans les créations de Jean Paul Gaultier, Vivienne Westwood ou d’autres pour comprendre que ce n’est pas nouveau, mais ces dernières années permettent de se décomplexer face à cet univers. Bien que certains créateurs reprennent ces thèmes de manières opportunistes et non créatives, ce qui ne peut donner qu’une forme de vulgarité (Formichetti pour Mugler, même si j’ai aimé certaines pièces), certains (Haider Ackermann, A+F Vandervorst, Rick Owens,…) continuent leurs recherches et proposent des silhouettes et des matières toujours plus intéressantes et d’autres revisitent toujours à merveilles les basiques du vestiaires contemporains, ce qui est le cas aujourd’hui de Marc Jacobs dont j’ai pu suivre le défilé ici.

La dernière collection de Louis Vuitton revisite donc clairement quelques éléments d’un certain romantisme fétichiste comme l’uniforme du groom avec ses casquettes, la culotte de cheval, les bottes en caoutchouc à talon et l’uniforme de servante. C’est sur ce dernier costume que je souhaite insister.


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Tout d’abord l’uniforme appelle à une certaine tradition et donc porte en lui un certain cachet rétro qui pour moi est une valeur ajoutée dépassant les vêtements neufs. Ce côté vintage au sens collectionneur indique une certaine connaissance historique du costume et des coutumes passées.
Pour moi l’évocation érotique à travers un vêtement part vraiment du vêtement et non pas du corps qu’il cache ou dévoile de plus en plus. Je trouve ça ennuyeux qu’un vêtement serve uniquement de faire valoir à une forme de corps idéalisée par les médias de masse (le fameux combo gros seins, gros cul taille fine), je laisse ça au cinéma d’action ou au clip de R n’ B qui spamme nos écrans. Ces idées que je viens d’énoncer sont évidemment différentes dans un contexte différent comme celui de la lingerie ou de celui des moments intimes ou sexy. J’aime les moments « déshabillés », mais je regretterai qu’ils soient trop imposants ou accessibles à plein temps. Une touche de sensualité me semble plus efficace qu’un amas de chair offerte.

Chez moi, une des formes de fétichisme que j’aime est le climat austère créant une tension érotique particulière. On retrouve cette idée dans la sensation de restriction ou de compression d’un corset, d’une tenue guindée, de haut talon dangereux, de bondage,... C’est pourquoi chez moi les lieux à caractères sacré et oppressant menant sur des représentations de corps torturés a des effets plus saisissant qu’un corps sexy évoquant la foire à la saucisse. Cette rigueur et ces détails me font apprécier des films comme le ruban blanc de Haneke par exemple. J’évoque souvent un penchant pour la staurophilie de manière quelque peu légère et amusée, mais quel symbole plus puissant pour évoquer la compression, l’oppression, le martyr et la sensualité ?


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J’ai plusieurs images personnelles autour du costume de la servante, celles venant des films de Luis Bunuel, et celle venant du gothic lolita.
Luis Bunuel est un de mes réalisateurs préférés et je trouve qu’il ajoute une part d’érotisme et de perversion dans chacun de ses films. Je suis très sensible à sa vision érotique des détails comme lorsqu’il filme les chaussures et les émois que cela provoque, sans tomber dans des choses trop démonstratives, la subtilité est source de raffinement. La servante est très souvent présente dans ses films, contrastant avec un bourgeois gras plutôt maladroit, d’ailleurs le rôle du « maître » est ici fort peu enviable tant Bunuel détestait les bourgeois et s’en moque sans retenu.
Cela fait des années que je m’inspire du style gothic lolita au point de préférer créer ce genre de vêtements à d’autres. Le costume de la servante ou serveuse est un des éléments récurent de ce style. Pour moi il évoque d’avantage l’imaginaire, l’idée d’incarner une jeune fille « parfaite » et « bien éduquée », mais seulement pour elle-même et non pas pour se sentir soumise à quelqu’un. C’est une manière de jouer à la dinette, ou à la cuisinière modèle. C’est un plaisir aussi d’incarner pour soi-même la jeune fille innocente éloignée des violences du monde extérieur, faire semblant d’avoir retrouvée son innocence avant que celle-ci nous soit volée. Ce serait une erreur d’imaginer qu’on s’habille ainsi pour attendre qu’on vienne nous abuser. Et c’est important selon moi d’utiliser certain droit gagné par le certain féminisme que de refuser fièrement et fermement la brutalité. J’aime particulièrement la marque Vicorian Maiden dont le nom témoigne des inspirations citées.

Dans ce vestiaire de la servante, on retrouve donc le col Claudine (que l’on retrouve aussi ailleurs), le plastron, les dentelles, les tabliers, le bonnet (headdress). Chaque détail pour moi appelle à une connaissance et une tradition d’un savoir faire nostalgique renvoyant aux périodes où la dentelle et le textile avait une forme différente selon les villes et indiquait d’où nous venions.

Dans la collection Louis Vuitton, j’ai donc retenu l’emprunt à un certain vocabulaire fétichiste mais ce qui a retenu plus particulièrement mon attention était la présence du col Claudine, décliné en blanc, en matière brillante, en or etc…
Dans la tendance actuelle et ses emprunts au fétichisme on trouve donc des clichés (l’emploi du latex par exemple chez Formichetti pour Mugler) ou des recherches plus historiques et sincères qui apportent quelque chose de plus authentique.


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jeudi 17 février 2011

Obsolescence programmée

J’avais pris connaissance via twitter de l’émission diffusée par la chaine Arte sur l’obsolescence programmée. C’est un sujet qui m’a toujours intéressé tellement il m’apparaît significatif de la dégénérescence consentante de l’Homme.
Puis en un jour et demi, je n’ai pas pu passer au travers d’un nombre conséquent de personnes qui en faisaient mention, au moins une dizaine de twitts sur le sujet, trois ou quatre personnes sur facebook, les passagers à côté de moi dans le métro, des amis par mail. Je voulais voir cette émission avant cette effervescence mais déjà quelque chose m’énervait.

Je ne parlerai pas du fond puisque mon avis semble clair sur l’état de ce monde, son fonctionnement, le neolibéralisme, le capitalisme, la consommation. Je n’ai pas attendu ce reportage pour le déplorer. J’ai donc regardé cette émission hier soir et je ne pouvais me retenir de pester contre une forme qui amène le spectateur à un état lymphatique, bercé de phrases clichées naïves, complaisantes et qui n’apportent rien que des formules toutes faîtes à ressortir à ses collègues dans l’ascenseur. On parle d’un sujet qui me semble important et déjà on défigure le problème, on défigure ma propre sensibilité par des phrases qui me font vomir telle « nos enfants nous en voudront pour ce que nous faisons ». Putain mais j’encule tes enfants et vive la vasectomie. Ce genre de phrase où on noie les responsables et les victimes me donnent vraiment envie de me moquer de ceux qui sont suffisamment bêtes pour les prononcer telles des paroles pleines de fierté et de prosélytisme. (Ce qui me fait me moquer des noirs). On n’est pas là pour féconder des pokémons, on est là pour afficher un problème, cerner les comportements qui l’ont favorisé et tenter de mieux réagir en développant des solutions.

Je déteste cette forme de diffusion des mêmes séquences plusieurs fois (au moins deux fois) me rappelant un certain format américain, une introduction faisant office de teasing. J’ai bien aimé les images d’archives, du passé, j’ai bien aimé qu’on nous ballade sur l’histoire des ampoules. Les reconstitutions (du mec avec son imprimante) ou les entretiens d’une femme sur son canapé avec un chat qui passe (il faut qu’un large public puisse s’identifier et le chat annonce la sympathie de la personne qui parle) sont d’une authenticité toute risible. Le pire fut pour moi lorsque l’économiste faisait une métaphore (le truc qui ne sert à rien, qui fonctionne pour n’importe quoi, une rhétorique de marchand) parlant d’un bolide qui se lance sans s’arrêter et le choix du reportage à insister sur cette figure stérile en ajoutant une série d’images de véhicule qui avance sans s’arrêter… Je trouve ça juste grave de perdre son temps à regarder et entendre de telles séquences.


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Il est très perturbant de constater que dès lors que la télévision parle d’un sujet, celui-ci devient enfin réel, préoccupant pour les français, il a une existence légitime alors que ces problèmes, celui de l’obsolescence par exemple sont loin d’être nouveau. Ca existe puisque c’est « Vu à la télé » alors que des centaines de très bons articles ont étudié le problème bien avant dans une forme tellement moins complaisante, plus agréable à lire et plus efficace, alors qu’il y a des gens, des politiques (soyons naïfs), des associations qui agissent concrètement, apportent des réponses alternatives. Il y a de nombreux médias, la radio, la presse, Internet qui donnent un plaisir à recevoir de l’information sous une forme moins industrielle, plus personnelle et plus sensible. De nombreux philosophes qui dénoncent, qui accusent des choses et on n’en fait rien parce que ce n’est pas la télé qui l’a dit. Et évidemment la télévision ne parle pas des alternatives, elle annonce les choses de manière à ce qu’on croit « qu’il n’y a pas d’autre solution », qu’il n’y a que des problèmes. Et parce qu’on n’a pas le choix, le public doit adhérer à des politiques dégénérés (le libéralisme ou la consommation comme solution au chômage) alors qu’il y a d’autres solutions. Je trouve ça dangereux, je trouve ça réducteur, je trouve que c’est de la propagande.
Alors si bien sur, l’espace de quelques minutes on a évoqué l’URSS, ce pays horrible créant des objets laids car fonctionnels et résistants. Si on parle d’autres lieux, d’autres époques où des hommes ont fait autrement que surconsommer, on n’en montre que les aspects froids négatifs. « Ces gens là ne sont pas heureux », nous, sur le modèle américain, cumulant les crédits pour acheter des produits inutiles qui se détériorent vite, nous sommes heureux et nous incarnons avec force (on appelle ça la démocratie mais concrètement ce sont des bombardements) le modèle de ce qu’il y a de meilleur.

Heureusement que j’ai de moins en moins d’amis qui regardent et croient la télévision, que les personnes avec qui j’aime parler, ont le courage d’aller chercher l’information en lisant des livres, en assistant à des conférences, en allant à l’étranger pour parler avec d’autres gens, sans parler d’Internet où il y a le pire comme le meilleur. Je crois vraiment au développement de sources alternatives d’informations pour chercher plus de solutions.

Ce qui est également agaçant sont que ces problèmes sont évoqués chaque jour dans la presse et que personne ne s’en soucie autant. C’est comme si le public (les gens qui twittent, qui rédigent ces statuts facebook qui parlent dans le métro) réclamait ces reportages qui nous parlent comme à des zombies.
Les réactions des spectateurs ne sont pas sans consternation non plus : ils s’indignent, disent « oh mon dieu », mais ne sont pas plus avancés et surtout ne changent pas leur habitude de consommation ou de réflexion (« moins je réfléchis mieux je me porte »). Pour une fois ils sont autorisés à se sentir rebelles (et cools), « un groupe de gens complotent pour que le consommateur soit une victime», alors que ces mêmes personnes se moquent des critiques si elles ne sont pas passées au broyeur de la standardisation télévisuelle, ces mêmes personnes se disent « oh lala jamais contents ces gens, tout va bien, il n’y a pas de problème, je vais continuer à voter UMP ». Je me sens particulièrement visée puisque je ne suis pas souvent contente de la société et qu’on aime renverser ma sensibilité sous forme de problème personnelle. Je me sens visée même si cela touche des personnes qui me semblent faire un bon travail d’enquête, d’analyse, de réflexion mais qu’on préfère ne rien écouter et les traiter d’extrémistes car c’est plus facile de ne pas écouter, le format télé est le seul qui dise bien les choses surtout quand c’est Arte, on est trop des gens sérieux et intelligents, mais bon pas trop sinon on perd en coolitude.

mercredi 09 février 2011

smileyfree

Un article.

Il y a plus d’une semaine, je me décidai, comme l’auteur de cet article, d’entreprendre une semaine smileyfree (ne pas utiliser de caractères typographiques pour exprimer une émotion par écrit). Il y a finalement quelques points positifs au temps qui passe si vite, celui par exemple de voir qu’on a réussi ce genre de petits défis. Les résultats concluants m’ont donc amené à continuer sur ce même mode. (Je ne sais pas pourquoi je m’exprime sur un ton de commercial management ? je vais donc tenter de mettre plus d’états d’âmes et de unsuccess story).

Au début.

Mon usage des smileys vient clairement de mes excursions dans la culture japonaise et précisément de la lecture du manga Nana. Le kawaii n’avait pas ce côté « cool » occidental (rebutant pour moi) et le choix de leurs smileys (vraiment très mignons) et de tout ce à quoi ça faisait référence (« ce style de caractères utilisés pas les jeunes japonais plutôt que ce smiley standard indiquant qu’on en est ou pas») avait une portée moins anodine qu’il n’y parait.
Pour moi ça coïncide aussi avec une période de régression (intérêt pour les choses associées à l’enfance ou aux choses dîtes moins sérieuses) où je vivais de nouveau chez ma mère. Et cela me ramène également au début d’un accès à Internet, un monde intime pour moi et la création de ce blog. A la base ici j’avais surtout des liens avec des passionnés de visual kei, et tout cela encourageait à un style qui se voulait à la fois soutenu et à la fois « pour un public non adulte » (le monde des adultes étant le monde ennemi, et il l’est encore dans ma conception aux autres).

L’obsolescence fait les modes.

Aujourd’hui je reviens sur cette habitude que j’ai prise et renforcée. Je trouve qu’il y a un caractère obsolescent aux habitudes dès lors que celles-ci sont intégrées par l’extérieur, approuvé et deviennent la nouvelle norme. Je trouve sur le même principe choquant de lire que des élus utilisent dans leurs arguments politiques les expressions comme « discours bisounours ».

Responsabiliser le lecteur.

Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus motivé à faire cette diète de mes caractères typographiques fétiches. Le plus intéressant pour moi était la réflexion autour de ce parasitage dans la correspondance quotidienne. C’est donc avant tout une question sur la correspondance : l’échange que l’on crée en choisissant d’exprimer une émotion sans passer par les mots, mais surtout le risque de l’interprétation de l’autre en l’absence de smiley.

Je pense qu’on essaie souvent de trop ménager le lecteur en le rassurant par des petits signes typographiques rappelant le visage complice de quelqu’un qui sourit. Derrière cela, pour moi, c’est une manière de montrer sa timidité à considérer l’autre comme quelqu’un de capable. Capable de comprendre la blague, de ne pas être susceptible, de ne pas apporter de gravité à ce que l’on raconte. Pourtant les correspondances n’ont pas toujours été ponctuées de petits pictogrammes rassurants, d’annotations sensées nous indiquer quand il y a humour ou non. C’est donc avant tout le rapport de confiance que j’essaie de changer au travers de ce choix de smileyfree, et cela ne s’avère pas aussi simple.

Réduire l’expression à deux caractères.

Au moment où des médias sociaux nous apportent un bouton « j’aime » nous dispensant de réfléchir sur la rédaction d’un commentaire, il devenait plus facile pour moi aussi d’user mes sms avec des coeurs à l’intention de mon compagnon que de développer des manières d’exprimer mon attention par des mots. Je trouve que ce n’est pas aussi élégant que ce que j’aimerai devenir.

Ce n’est pas moins simple quand on tente d’exprimer des idées profondes à un ami dans un mail, et encore moins quand on s’exprime dans des communautés ou des fora où il y aura toujours quelqu’un pour ne rien comprendre au second degré. Eh bien, ce serait l’encourager à rester fermé que de lui ajouter une mise en garde du ton employé, ça générerait également le flop de la blague qu’on explique au moment même de la dire. Et puis j’aimerai revendiquer le droit de m’adresser à des gens subtils sans prendre garde à ceux qui préfèrent la réaction impulsive à la réflexion. Lire et relire les commentaires des gens de même que se lire et se relire ne devrait plus être autant négligé si l’on aspire à des échanges un peu plus profonds.


Bilan.

J’ai finalement laissé un seul de ces petits parasites dans un message privé d’une communauté internet. Je vais tâcher de garder ma vigilance sans prendre trop au sérieux cette restriction pour autant. Il est à noter aussi que je voulais il y a quelques temps réduire l’utilisation de mots anglais dans mon langage en français (une sorte d’hommage à Eugène Green), mais que cette correction ne s’est pas trouvée autant attentivement suivie.

lundi 07 février 2011

Quelques dessins

Je mets régulièrement les derniers dessins sur ce blog http://holymane.blogspot.com. Il y en a que j'aime assez.














jeudi 20 janvier 2011

Mélancolie synthétique. Se rappeler Wierd

Extrait d'un de mes onglet de navigateur Internet volume 5, aujourd’hui une interview du musicien Martial Canterel.

Je passe beaucoup plus de temps sur twitter que sur mon blog, je partage beaucoup plus d’infos et de coups de cœurs en 140 caractères. Je crois qu’il me faut plus de soin pour rédiger une note, plus de temps, que je ne sais trouver, et du coup ici règne l’absence de ces tentatives.

Je raconte moins ma vie, mais toujours autant mes émotions. Je partage beaucoup moins mes « trésors ». L’année dernière un copain m’a partagé les émotions vives liées aux sonorités synth pop. J’adorais Xen. and Oaklande. et The Closet Son. De FjF.

Je lis aujourd’hui une interview de Martia. Cantere. Et je ne sais pas pourquoi je me sens touchée par le choix des mots (de la traduction ?).





La musique est l’un des rare support où l’on puisse représenter la tristesse et la mélancolie sans qu’on se fasse insulter de rabat-joie. C’est pourquoi j’aime la musique et ce qu’elle transporte. Les musiciens qui savent transposer des émotions via des sonorités ou des rythmes précis font un travail qui me dépasse totalement. Leur dévotion à des groupes, à des instruments, leurs quêtes et leur sensibilité génèrent toute mon admiration. J’aime imaginer une vie de passion modeste plutôt qu’un pseudo artiste méritocrate à grande gueule (qui crie et qui suce) comme en produit de manière industrielle notre société du spectacle connard. (il faudrait que je fasse une note entière sur ma notion de « sucer », qui veut aussi dire manipuler, etc…).
Ce que j’aime dans la tristesse ou la rage d’une chanson est l’idée de me sentir comprise, moins seule à ressentir toutes ces pressions industrielles. Je peux aussi interpréter les choses de manières erronées, mais ça me soulage de voir qu’il existe des personnes sensibles et réceptives qui arrivent à transmettre quelque chose.
Ce label me rappelle également plein de choses qui se sont passées, le concert au social club, la soirée à l’Udo, les rencontres,… Une ambiance minimal wave plaisante.

Donc voici des mots, que j’ai noté sur papier, que j’ai aimé et que je transmets ici.

Vacuité de nos environnements urbains et mélancolie synthétique sont les thèmes qui parcourent l’œuvre de cet exégète des technologies analogiques. Martial Canterel sort dans quelques jours son album You Today, étalage d’une maîtrise totale des techniques de production du New-Yorkais.

- Comment présenterais tu ta musique sans utiliser les mots froid et synthétiseur ?

Là, tout de suite, je dirais que c’est dans la poussière qui s’entasse à l’encoignure des murs et du sol que je me suis lancé, non seulement en écrivant de la musique, mais aussi en pensant au passé et ses nombreuses traces. C’est dans ces replis du temps souvent négligés que je trouve le plus grand refuge et l’inspiration ; l’immobilisme d’une pièce désolée prend vie pour moi, et m’entraîne vers de nombreuses occasions et futurs qui n’ont jamais eu lieu. De plus en plus, il semble que le présent, tout comme mes futurs manqués, cesse lui-même d’exister « réellement ». Je ne suggère pas un genre de solipsisme languissant, mais plutôt l’acceptation de l’isolation croissante de l’individu dans le monde contemporain.

Donc là-dedans, j’ai aussi pu me concentrer conceptuellement sur les thèmes du disque ; la ville déconcertante, l’incapacité de se connecter avec les autres, l’irrécupérable passé.


source hartzine

vendredi 14 janvier 2011

Ma consommation d’animaux.



Il y a beaucoup de redites si vous suivez ce blogue, ces répétitions pourront avoir l’air de litanies, mais cela permet d’avoir une idée exhaustive du sujet sans avoir à chercher dans les archives.

Fournitures.

Hier, dans un état coutumier de stress et de frustration, j’essayais de cerner les priorités du moment. Tout est plus ou moins prioritaire, c’est plutôt embêtant, c’est pourquoi j’essaie d’écouter mon instinct, celui qui sait me guider là où je suis la plus performante créativement. Et finalement, je suis allée acheter de nouveau de la matière première. Je n’avais pas du tout envie d’affronter ni les gens, ni le métro ni ce quartier que je trouve stressant, violent, sale c'est-à-dire Barbès. Direction les échoppes du coin du marché Saint Pierre, qui malgré les soldes restent selon moi peu abordables financièrement (même s’ils restent probablement les moins chers de la capitale) (c’est plus difficile d’appréhender la matière, sa texture, son toucher, sa couleur en achetant par Internet, mais ce n’est pas à se l’interdire non plus).


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Animaux.

Depuis très longtemps, j’aimerai prendre soin de mon corps et faire attention à mon alimentation. J’écoute mon corps et celui-ci est assez capricieux (sommeil, faim, qualité,…). Avant mes vingt deux ans, je mangeais de tout, parce que pour moi, il ne fallait pas gâcher. J’ai grandi dans une certaine restriction, si j’avais faim, il fallait que je réchauffe les restes de plats partagés avec les cafards, au micro-ondes. A la cantine aussi, je me forçais de finir mon assiette. A la fin du lycée j’ai compris combien cette mal bouffe avait déformé mes résistances physiques, altéré ma souplesse, amené plus de mal être. Au début de ma vie estudiantine, j’ai compris combien m’alimenter exclusivement de saucisses achetées au leader price et liddl m’avait donné, outre les joies de l’infection alimentaire en chambre étudiante (toilettes communes dans le couloir), un certain fantasme de la nourriture saine. Par ailleurs je restais impressionnée par les straight-edges et je privilégiais les médecines « naturelles ».

Selon ce désir de soins naturels et cette méfiance de pollution chimique, je m’éloignais de la viande d’abord par rapport à l’idée que celle-ci est bourrée d’hormones et de chimie et du fait que manger de la maladie n’était pas ce que mon corps aimait recevoir.

Ces dernières années, je me sens très en phase avec un certain romantisme dark folk et son rapport à la nature, à certains paganismes, sensibilité sacrée etc. Cela me détourne de la voie moderne et chimique (que je ne rejette pas entièrement car même si je le voulais, je ne pourrai pas en vivant dans cette société, je veille juste à diminuer cette pollution qu’on s’autorise via la consommation).

J’admire depuis longtemps les végétariens et végétaliens, qui sont d’une certaine manière des résistants du monde moderne et construise sans dictature (pour la majorité) des alternatives. La sensibilité envers la cause animale n’est donc pas ma première pré-occupation, même si je peux la comprendre. Ayant été attiré par une certaine idée du bouddhisme (notamment via le manga bouddha de Tezuka et d’autres lectures de philosophies indiennes et scientifiques (l’homme électromagnétique), j’ai pensé que la Vie, en dehors du regard éthique, était une vibration à laquelle il ne fallait pas nuire, et ainsi j’ai longtemps refusé de tuer volontairement tous les insectes que je croisais jusqu’au jour où je suis devenue folle d’être infestée par les puces du chat que je détestais de mes parents. ^^

Baignant dans certains aspects de la misanthropie (proche d’un romantisme dark folk), elle m’a conforté dans une hiérarchie rejetant l’anthropocentrisme où la Nature est plus importante que l’homme. Toutefois je ne sais pas si je place les végétaux au dessus des animaux, mais faire pousser des graines sur mon balcon me procure une joie énorme et je me dis que les plantes sont d’une modestie exemplaire. Bien évidemment au milieu de la forêt amazonienne, je rêverais probablement de goudron et de savon antiseptique. L’idée n’étant pas de tendre vers un « extrême » mais de prendre conscience de l’extérieur et de voir où il nous mène et d’équilibrer un peu mieux notre intoxication moderne.

Etant assez découragée face au monde hyper industriel et à sa manière d’aliéner et de détruire le vivant pour du profit neolibéraliste ouvrant la concurrence et ses méthodes malsaines, je suis franchement dégoutée devant l’industrie de la viande, ses abattoirs amplifiés et sa propagande incohérente. Je n’ai rien contre l’idée de manger de la viande, mais je préfère me fournir chez un boucher où peut être sent on un peu plus de qualité « bio ». Stigmatiser le bio, qui est en fait simplement, la manière de produire de nos grands parents est également d’une hypocrisie aberrante. (Et effectivement les producteurs ne peuvent pas concurrencer la surproduction industrielle et ce n’est pas le bio qu’il faut remettre en question mais la concurrence donc le néolibéralisme). (Et en effet beaucoup de neoliberalistes se cachent sous des étiquettes « bio » ou « équitables » et détruisent les efforts de certains).


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Cuir.

Avec tous ces éléments j’essaie de me fixer une idée avec une large marge de tolérance quant à ma consommation. J’essaie à la fois d’avoir conscience d’un maximum d’information, et d’écouter mon corps. Je ne vais pas refuser à mon corps de la viande si je sens qu’il en a envie. J’aime écouter mon corps, émettre des hypothèses, des interprétations, dialoguer avec lui, je trouve ça très intéressant. Mon corps est très bavard et s’impose, à l’image de ces boutons qui ont couverts mon visage pendant les années clés de ma jeunesse (21/25 ans).

Dans la même idée j’aimerai diminuer ma consommation de fourrure et de cuir. Contrairement à l’idée d’ingérer de la viande malade, je reconnais la peau comme un matériau naturel très résistant, noble et de belle qualité. Je pense qu’il y a beaucoup d’hypocrisies et de mensonges dans l’idée du vintage. Je pense que les grands couturiers ont une influence perverse dans leur utilisation de cuir ou de fourrure, mais je n’arrive pas à leur en vouloir. Parallèlement à ces informations de consommation, je reste impressionnée et emportée devant certains vêtements, notamment les dernières collections Hermès par Jean Paul Gaultier.

Interdit et Sexualité

J’observe alors des émotions diverses simultanément. Emotions que certains jugeraient de contradictoires et qui devraient créer un conflit. Mais chez moi ça ne crée pas spécialement de conflit, parce que la philosophie orientale m’a appris à appréhender la contradiction de manière moins manichéenne. Pour donner une image à cela, tout comme on partitionne les tâches d’un ordinateur grâce à plusieurs processeurs ( ?), j’ai mis mes émotions dîtes contradictoires dans deux processeurs différents de ma tête (dans le dossier « ma représentation du réel vu par mes émotions»). Quelles sont ces émotions ?
Alors d’une part je prends en compte mon désir de diminuer ma consommation de cuir et d’autre part je trouve cette matière très attirante.

Je me suis bien évidemment demandé si je trouvais cette matière attirante parce qu’elle représentait un « interdit », tout comme certains aspects de la sexualité qui nous repousse et nous attire. Mais comme je ne me fixe pas un Interdit strict ça ne devrait pas susciter cette attirance. Mais peut être ? Me suis-je demandé quand je suis entrée dans cette boutique vendant des peaux d’animaux tannées.


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Boutique

En entrant dans cette boutique on est tout d’abord pris par les sens, principalement celui de l’odorat, qui est finalement très proche de notre animalité et de notre sexualité. Tout comme certaines odeurs humaines (animales), on est pris entre repoussement et attraction.
Dans une pile je remarque de la fourrure. Je m’en approche et mon corps souhaite un contact tactile et là je comprends qu’il se passe réellement quelque chose par mes doigts (ce qui m’arrive aussi à la vue ou au toucher d’autres matières).
Les fétichismes du cuir ou ce genre de matière sont assez connus et représentés ; l’idée de deuxième peau, qui a les caractéristiques thermiques, tactiles, olfactives de sa propre peau humaine, animale, « sale » expliquent assez bien les raisons de cette popularité.
J’ai acheté un peu de jersey synthétique (ce qui n’a rien à voir) et au dessus de la caisse se trouvaient des peaux d’astrakan, celles-ci, non découpées montraient encore les petites pattes, le petit corps fragile aplati de l’agneau mort né, spécifique à cette fourrure. Je ne savais pas quoi penser, c’était très intéressant.

vendredi 07 janvier 2011

découture

Je me mets devant mon travail, là je compte rédiger au propre mon ordre de montage (personnalisé c'est-à-dire très précis), mais tout comme hier, j’ai encore des choses en ébullition dans mes veines. Je pourrai me dire « si au moins j’étais payée » ou des trucs cons comme ça, puis je me dis que ce n’est pas l’argent qui m’intéresse, même si j’en ai vraiment besoin. J’ai-je pense surtout besoin d’une certaine reconnaissance quant à mon travail, aux heures, à la réflexion, la main d’œuvre passées. Et j’ai surtout envie qu’on arrête de me faire chier parce que je suis sans emploi ce qui pour des crevures néolibérales signifie que « j’ai du temps », ou que « je ne glande rien de ma vie ». J’ai probablement juste besoin qu’on arrête de me faire me sentir responsable de ma misère, que j’ai mérité cela parce qu’on est dans un système de méritocratie (dans ce qu’on impose à la population qui y croie, mais pas dans les faits évidemment), tout simplement parce que la marché est saturé, qu’il y a de réelles difficultés à trouver du travail et que je n’ai pas envie d’incarner la position du fameux « battant connard », ou du mec qui sait s’adapter grâce à sa vaseline surpuissante. Il n’y a pas de boulot, et encore moins pour moi, qui ne veut pas jouer le pion de ce système car n’y croyant franchement pas. Oui c’est über kitsch mais comment croire à tout cela quand la pauvreté augmente, le fossé entre riches et pauvres s’agrandie, quand on empêche aux gens de pouvoir se loger, se nourrir, se soigner ou travailler facilement. Comme disait cette connasse de conseillère sociale, mon problème est que je suis « artiste ». J’ai lutté pour avoir mes droits sociaux auprès de cette connasse, c’est tout simplement aberrant, cette femme est payée pour mettre des gens à la rue (et en dépression).

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J’ai fait ce chemisier, qui m’a pris un temps fou, et qui est une brique ajoutée à ce mur des lamentations dans lequel je m’enferme. Tout me semble tellement incohérent, garder une hygiène de vie pour soi, continuer à s’alimenter, s’informer pour ne pas se laisser corrompre par la propagande,… Pourtant j’ai plus envie que ceux (que je connais) qui travaillent de me laisser endormir par les drogues, le divertissement, le fast food, etc…



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Ce qui m’énerve également est ce manque de créativité et de prise de position personnelle en graphisme, couture, illustration, photographie etc… Tout tend vers le bas même dans ces domaines qui se doivent d’être à l’avant-garde, tout doit se conformer au goût, à la validité bourgeoise (au sens de Debord, c'est-à-dire dans l’attitude, la mentalité non pas au sens de Marx de ceux qui possèdent les biens). Et la bourgeoisie est anti créative, elle fige la création, en la transformant en produit industriel (je ne me choque pas sur le fait qu’elle devienne produit, mais sur les moyens de productions industriels totalement aliénés et aliénants). Les formes qui fonctionnent sont donc les mêmes thèmes vus et re-revus, ceux qui ont été approuvés (au prix de refus, l’avant-garde sert à se faire fusiller et après on marche sur leur cadavre) plusieurs années auparavant. « On va utiliser ce thème parce qu’il marche auprès du public. » Donc voilà, vive le latex, la taxidermie, le medical, les oiseaux, les cerfs, les nazis… (je parle des thèmes qui me concernent dans le sens où j’ai moi-même travaillé et sur lesquels je travaille encore dessus). Qu’on ne me dise pas que je me contredis sur ce concept fumeux d’originalité, je parle de créativité : Je ne dis pas qu’il faille arrêter de travailler à partir de ces thèmes, on peut continuer à condition de faire de la qualité, mais le problème est qu’on utilise ces thèmes avec moins de temps, de technique, de sincérité et on crée des formes vides de toutes substances de sujets qu’on a cherché à défendre, on lave le côté « subversif » pour le vulgariser et on tombe même dans les pièges de ceux qui vont trouver ça cool sans comprendre pourquoi à la base un certain thème « pop » amenait à réfléchir. Je parle par exemple des nazis, le péquin moyen pense maintenant « ah ok, je ne sais pas ce que c’est, mais Internet m’a dit que c’était cool donc j’en suis ! ». Ce n’est pas nouveau dans le domaine qui m’intéresse (celui de la mode), les marques copient (ou achètent) les modèles de la haute couture et la refont en sous traitant la fabrication dans des pays lointains avec des matériaux de mauvaises qualités. Un produit de contre façon monté au fin fond de la Campanie n’a pas moins d’éthique que de grandes enseignes comme GAP et consors. Et je ne parle même pas des enjeux et des problèmes liés aux matières premières, comme le coton par exemple.

Sur ce, je vais continuer mon travail. C’est vrai que je m’exprime sauvagement sur mon blog ces derniers temps mais c’est pour pouvoir me décharger un peu de cette colère et ne laisser que douceur in real life. (on y croit ?)

original

De nouveau, j’ai la sensation de ne pas trouver le temps d’écrire, même si j’en ai besoin. J’ai également envie de répondre à mes dernières notes, ou leur apporter un complément d’explications, puis le temps passe etc etc…

J’écris encore sous l’effet d’énervements : l’impression d’être véritablement agressée par des pensées qui me semblent limitées. Franchement, est ce que vous réfléchissez à ce que vous dîtes ? Je sais que beaucoup revendiquent leur choix de ne pas réfléchir, car réfléchir c’est pour les bouffons comme disent nos amis les weshs, ils en savent quelque chose au sujet de la réflexion, ce n’est pas fun ni cool. Quand je dis « vous », je ne vise personne en particulier, mais je laisse le droit à quiconque de se sentir visé s’il le souhaite. Quand je dis « vous », je parle de gens proches de moi dont j’entends les paroles que je vais citer plus bas.

-I-

Originale Je ne comprends pas comment ni pourquoi on (=vous = des gens qui m’ont parlé suivant ces idées) croit qu’on (= moi, d’autres gens,…) cherche forcément à avoir un style original. Comment est ce qu’on peut croire que notre choix de nous habiller le matin n’est motivé que par l’envie de vous choquer, vous étonner en se montrant soit disant original. J’en ai rien à foutre d’être originale, je ne suis absolument pas originale et si on me parle de ça, ça m’insulte, ou ça trahit le fait que vous sortiez très peu vous cultivez l’esprit. J’emprunte clairement à divers vestiaires de divers mouvements punks et romantiques, quel rapport avec vouloir être original ou choquer le passant ? Il en va de même et surtout pour ce qu’on appelle les modifications corporelles, pourquoi croire que j’ai la prétention et surtout la volonté de faire ce que je fais juste pour alimenter vos bavardages de ménagères sur le fait d’avoir réussi ou non à être originale ? C’est une manière de penser tellement réductrice, et si vous vous intéressez faites comme tous ceux qui s’intéresse, renseignez vous, lisez des livres, bouger en librairies, fouiller internet mais ne nous cassez pas les couilles. Ceux qui me demandent si je me crois originale ou que je cherche la différence sont des couillons nombrilistes. Ceux qui me félicitent d’être originale sont pareillement très peu éveillés à l’extérieur. Ce qui vaut pour l’originalité vaut aussi pour l’idée de « beauté ». Comment peut on être assez narcissique pour penser que mes critères de beauté puissent être les mêmes que les votre ? Pourquoi croire que si on a des piercings c’est pour faire surtout « beau ». Dans l’art, on ne cherche plus à faire à tout prix de la beauté, mais à provoquer des réflexions, des sensations, diverses choses. Je ne prétends pas faire de l’art avec mon style ce serait totalement biaisé, mais pourquoi ce que permet l’art ne peut être permis par d’autres supports ? Pourquoi n’y aurait il que l’art qui ait le droit d’amener des sensations autre que celles de la beauté ? (je prends en exemple l’art car c’est souvent par là qu’on s’est questionné sur la beauté, puis ensuite qu’on a laissé cette question pour d’autres questions etc).

Style On arrive donc à la question du style. Un style n’est pas toujours ni tous les jours soumis à une seule notion arrêtée de beauté, ou à représenter une beauté différente, il peut, aussi, emprunter à un héritage, utiliser des signes et des codes, affirmer un caractère qui ne serait pas réduit à de la séduction. La séduction à tout prix est signe de pauvreté intérieur, si on n’a que ça à donner, ça ne m’intéresse pas. Je pense que le style peut vraiment amené à questionner le rôle social des individus, plus schématiquement par exemple, pourquoi une femme devrait seulement porter une robe et un homme porter un pantalon, à partir du moment où on sort de certains codes vestimentaires, on peut penser autrement les codes sociaux des individus, autant au niveau des genres, que de l’âge, que de l’origine raciale/ethnique/issue de la diversité (rayer l’hypocrisie qui vous choque de manière bien-pensante). Et j’aimerai insister également sur quelque chose dont on parle moins souvent, les choix religieux ou politiques. Je veux parler bien évidemment de la scène punk, skins etc qui sont bien souvent trop cons pour accepter qu’on puisse être apolitique, ou de telle opinion politique et porter quelque chose qui pourtant ne fait pas explicitement référence à notre manière d’appréhender le monde, plus précisément une coupe de cheveux ou un patch d’un groupe de musique. J’en ai marre d’avoir des amis qui tabassent des gens parce qu’ils affichent ce qu’ils écoutent et d’autres amis qui se font tabasser parce qu’ils paraissent trop propres sur eux. J’aimerai me sentir dans une capitale culturellement active qui permette qu’on puisse afficher une ambiguïté sexuelle (on me prend souvent pour un garçon, et alors ? Je ne devrais donc pas avoir le droit d’avoir les cheveux courts ?), religieuse (je n’ai pas le droit de porter une croix ?), politique ou autre. Après c’est vrai qu’il y a la loi, par exemple ne pas être à poil, ou porter des signes illicites, à partir du moment où l’on respecte cette loi (et encore je ne dis pas l’approuver ni la désapprouver), pourquoi on vient nous faire chier ?

-II-

Les blogues J’étais bien contente aussi de surfer au hasard et de lire une remarque concernant ceux qui pensaient que les blogs, ou autres n’avaient de but qu’à étaler des états d’âmes et qu’ils n’en voyaient pas l’intérêt. Ceux qui réduisent la blogosphère à cela ont une nouvelle fois une connaissance bien maigre de ses possibilités et plutôt que de rester modeste devant leur méconnaissance ils préfèrent bien souvent réduire, critiquer et avancer des erreurs. Peut être que maintenant, grâce ou à cause de la presse cool que je déteste lire, on crédite d’avantage les blogues, mais pourtant j’entends encore les mêmes remarques pour twitter ou autres. (Je ne parle pas de mon propre blog qui en effet est en partie un étalage de mes états d’âmes mais j’essaie également de partager quelques idées, je parle plutôt de mon utilisation de twitter). Comment peut-on croire qu’on utilise twitter pour seulement poser ou lire de manière voyeuriste les états d’âme d’inconnus. Cela me semble tellement évident qu’il y a plus, mais les gens ne prennent pas la peine de s’informer par eux même donc ça ne l’est pas, ils ont le droits d’ignorer certaine chose, mais la manière de fustiger ces activités est énervante et nous confortent dans l’idée qu’il y a vraiment du boulot à faire dans l’information, la diffusion de la culture, de la pensée etc,…

lundi 20 décembre 2010

chinoiseries

Ca fait quelques temps que je n'étais pas venue faire un tour sur tumblr. Généralement, je garde des images sur mon ordinateur, celles qui m'évoquent le plus de choses je les reblogue. Mais celles que j'aime beaucoup d'un point de vue seulement esthétique, et qui sont entre être sur mon disque dur et reblogué, je ne sais pas quoi en faire, du coup là je mets cette série (j'apprécie surtout la première en fait) :
















D'ici.

samedi 18 décembre 2010

Exposée

Une petite note pour tenter d’éclaircir mes esprits. C’est assez mal parti pour que ce soit clair et concis, mais une ébauche est déjà un bon repère.

Underground VS visibilité.
Dans la vie, j’ai clairement choisi mon clan, j’ai choisi ceux qui ne m’ont jamais rejeté, ceux avec qui je pouvais exprimer mes pensées et mon art sans tabou, je m’en suis ensuite nourrie, je ne suis pas seulement intéressée par les contre cultures, l’underground et l’occulte, ils ne m’ont pas juste sauvés d’une existence douloureuse, je me sens vivre, respirer dedans.
Aujourd’hui je ne sais pas comment rester dedans tout en faisant face aux exigences de la réalité drue de la société, ses codes, ses devoirs de merde, devoirs qui sont : sourire, être fun, savoir s’amuser, sociabiliser, être crétin et vulgaire, consommer et s’enlaidir dans l’embourgeoisement sans conscience de son environnement. « Originale ta coiffure ! lol»

L’art m’a choisi pour être son creuset. C’est très douloureux. Peut être certaines personnes pensent que c’est « so fun and cool », mais ça l’est peut être si tu arrives à en vivre, parce que ce n’est pas parce que tu es soumise à la sensibilité que tu vas être reconnue. Donc non ce n’est pas « fun and cool » d’être incapable de suivre les rouages du système, incapable de s’adapter à une vie en laquelle on ne croit pas. C’est chiant d’être incapable de faire les démarches nécessaires, et d’en être punie. Le fameux « elle a mérité sa précarité ».

J’ai pourtant conscience des choses à faire : mentir, se faire un joli profil aseptisé qui transpire la réussite et la popularité. Mais non, ça me dégoute, c’est moche. Je n’ai pas compris qui avait formaté mon cerveau comme il l’est mais s’il s’est cru drôle, il a un humour plus douteux que le mien.



Bref, les habituelles complaintes. Sauf que là, je suis encouragée vers la visibilité, l’exposition, la diffusion, et évidemment je bloque, je ne sais pas, j’ai peur de perdre mon essence. De me corrompre. De trahir le secret underground. De salir mon sang. Si je m’expose, si je mets un masque de la gentille illustratrice, j’ai peur de souiller ce qui me semble véritable et important (l’union avec Dieu, oui c’est débile je sais). Et surtout on ne me comprendra pas, on ne comprendra pas ma démarche on pensera que je veux choquer, je vais devoir me débattre avec les journalistes de M6.

Je me sens tellement chez moi dans l’univers, la mentalité néo folk, misanthrope, romantique. Mais ce n’est pas le bon chemin pour réussir à trouver un travail de merde en étant bonne poire ou un travail de rêve en étant bonne pute.

Je suis dans une interrogation là, c’est drôle, dans une semaine tout ceci sera totalement différent. J’ai juste envie d’être dans une agence de stylisme c’est tout, couper du tissu, assembler des visuels, créer de la matière sur du papier,… Ca parait simple, mais non. C’est super relou et j’en ai marre.

En attendant, je continue à rassembler des milliards de visuels, voir des films, des concerts, du théâtre, j’ai une connaissance (relative) que je ne pourrai même pas partager avec quelqu’un en me disant qu’elle comprend tout cela, c’est la méga flippe. Même en rencontrant des gens, on a l’impression d’être des ombres sur des gondoles vénitiennes. Je continue à dessiner, à faire de la photo qui me passionne, faire des pièces de vêtements, des petits accessoires, mais là, je sais que je suis devant un croisement, un truc, un choix, une épreuve, un jeu entre direction nulle ou direction nulle. Je suis Sisyphe au carrefour de la montagne.

samedi 04 décembre 2010

tisser la toile

La semaine prochaine, mon blogue (initialement hebergé par 20six) aura 6 ans !
Six années de toile, six années d'Internet, d'existence virtuelle et d'avatars. Au début je cherchais surtout à découvrir des choses, maintenant (que je vis proche de Paris et que je puis me cultiver autrement), je cherche surtout à orienter mon utilisation d'Internet pour des opportunités artistiques ou professionnelles.

Un de mes principal point faible professionnel est mon isolement. J'en ai conscience et cela résulte de réflexions personnelles à propos de la communication, la vulgarisation, la démocratisation, l'underground, l'occultisme, l'élitisme, la censure, la liberté d'expression etc,... J'aimerai prendre le temps pour partager dans une note plus explicative mon point de vue, mais pour le moment j'ai beaucoup de travail en priorité, de plus pour moi ces réflexions sont assez claires, donc si je les exprime publiquement ce serait par désir d'être comprise par l'extérieur et non un besoin personnel de clarifier mes idées.

Devant cet isolement, je m'étends pour rencontrer les professionnels ou amateurs liés à mes domaines professionnels (illustration, stylisme, art,...). Ce qui parait ironique est que j'ai moins de mal à rencontrer et me faire une place dans des domaines qui me sont moins professionnels mais plus liés à des passions (musique, performance, cinéma,...). Or j'ai vraiment envie d'être en contact avec des illustrateurs, des éditeurs, des passionnés d'art, j'ai besoin d'être stimulés par rapport à mes démarches (car finalement des choses comme la musique, le cinéma, les expositions vont me stimuler, mais des choses comme des personnes à l'intérieur du marché des créatifs vont me donner de l'assurance quant à mes démarches administratives, car oui ce sont des trucs vraiment débiles qui me bloquent, comme la paperasse, les taxes, les contacts, etc,...). Et me voilà plus à l'aise pour parler de cinéma ou de musique que de parler chiffons et dessins.

Pour cela je m'inscris sur des plateformes Internet de réseaux, j'espère que ça portera un peu ses fruits, et que j'aurai des propositions de travail (même modeste du moment que c'est sérieux) ou du moins une visibilité. N'hésitez pas à partager vos avis sur ces sites ou d'autres qui m'attendent.

myspace.com
behance
flavors.me
blogspot
hellocoton
bloglovin
flickr
<Je suis arrivée au bout de la capacité d'un compte gratuit sur flickr. Il y a un réseau très large mais qui malheureusement tend vers le spam et des utilisateurs glauques attirés par des photos de nus et nullement vers la création. Cela me freine à payer un abonnement de capacité étendue. Néanmoins si vous ne savez pas quoi faire de votre argent, vous pouvez m'offrir un compte ^^, mais autant m'acheter des dessins.
etsy
<Je cherche aussi des boutiques online, mais je trouve leur gestion un peu contraignante et elles dépendent d'un bon réseau pour bien fonctionner. (par exemple ebay cest bien, mais sans réseau c'est un point faible). Je compte m'inscrire sur Dawanda, pour le moment je me suis enfin inscrite sur Etsy. Je n'ai pas encore proposé d'articles à la vente sachant que cela est payant.


***

Après il faut pouvoir passer du temps sur les réseaux pour en comprendre les subtilités et être actif.
(je n'aime pas utiliser facebook qui éloigne des travaux professionnels ou des bons plans sorties, ou découverte, j'en ai tout de même un pour "suivre" certaines personnes qui partagent des choses qui m'intéressent (encore une fois majoritairement des groupes de musique)).

Je compte également expérimenter d'autres interfaces de blog (après 20six, livejournal, dotclear, blogspot, tumblr,...) pour y mettre mes travaux plus accès stylisme, si vous en connaissez, n'hésitez pas à me donner vos conseils.

mercredi 01 décembre 2010

Habitation à loyer modéré pour revenus élevés

Extrait d'un de mes onglet de navigateur Internet volume 4, aujourd’hui l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Pour avoir cherché un logement pendant des années, d'avoir été à moitié à la rue, de m'être confrontée à des vendeurs de listes arnaqueurs (pléonasme mais j'ai du faire l'expérience pour l'apprendre), des agences immobilières, des particuliers humiliants et une assistante d'insertion sociale fasciste (censée m'aider pour mes demandes de logements sociaux sur-saturées), qui m'ont presque conduit à une dépression que personne semblait vouloir comprendre mais tous condamnait (Je pense à la mère de mon ex, même si évidemment, les gens n'ont pas à aider les autres quand ils vont mal, mais qu'ils aient au moins la décence de ne pas profiter d'un état de faiblesse pour écraser les gens), les questions relatives au logement me sont très sensibles (ainsi que celles liées à l'emploi).





Je n'ai aujourd'hui toujours pas trouvé une solution à ma précarité. J'ai finalement eu la proposition d'un ami (et oui encore les contacts et si on n'en a pas on peut mourir dans la rue, on l'aura mérité évidemment) pour une colocation. Notre proprio est adorable, mais elle m'a déjà fait part que son assurance ne voulait pas d'une personne comme moi (sans revenu fixe de trois fois supérieur au montant du loyer et des garants. 1180 e/2 pour un trois pièces chambre 12m² en banlieue sur la sinistre ligne 13). Nous avons une troisième colocataire, dont j'ai du mal à supporter la négligence de rangement, son retard sur le loyer permanent, ainsi que ses mensonges et sa mauvaise foi. L'année prochaine, je devrais trouver un autre endroit où vivre car le bail prendra fin et ça m'angoisse infiniment.


A côté de ça :

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale vient de révéler que 53 000 familles disposant d’un revenu d’au moins « 11 200 à 13 500 euros par mois » sont logés … en HLM ! Pendant ce temps, « 1,2 million de ménages pauvres sont en attente » pour avoir un logement social.. Cette « révélation » n’est pas innocente. Il s’agit de mettre évidence le fait qu’il y aurait des « privilégiés » qui occupent de façon abusive les logements sociaux, histoire de dédouaner les carences gouvernementales dans ce domaine. Car il y a abus et abus.


source LO.


Ce n'est pas une manière de dire égoïstement, ça me concerne donc c'est grave, si ça ne me concernait pas, je m'en foutrais, je trouve ça réellement grave. Pour tous ceux qui détestent les clochards et pensent qu'ils ont voulu leur chemin, on pourrait aussi les voir disparaître ces clochards qui puent, si on leur permettait un accès à un toît. Je remercie infiniment les personnes permettant l'accès à quelques douches publiques par ailleurs. Ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on arrive à bien commencer la journée sans avoir pris de douche.

Quand on voit quelqu'un à la rue qui semble fou, on se dit, il est fou donc il est à la rue, mais ce n'est pas ça. J'ai failli perdre la tête plus d'une fois d'angoisses à l'idée d'un endroit où passer la nuit, et c'est cette angoisse et la violence de la rue qui te rend fou.
Cette mentalité où chacun se ment pour favoriser ces conditions de plus en plus dégénérées me dégoute et est la cause de mon apathie à la vie. Je sais que je peux choisir la Voie du mensonge et me raconter de belles histoires, fermer les yeux sur les dérives de la société, ne plus m'informer que des choses à consommer, mais je me sentirai si éloignée et si peu connectée de la réalité. Ce qui est étrange est que très souvent les gens que je croise me disent que j'ai l'air dans "mon monde", mais le leur me parait moins réel et moins conscient, ça me parait bien ironique.

jeudi 25 novembre 2010

dessins messieurs novembre

Je mets ici deux petits dessins faits hier. Au cas où vous ne les auriez pas vu annoncés sur twitter ou sur mon blogue de dessins.
Je n'ai pas vraiment l'impression qu'il y ait beaucoup de nouveautés dans mon style, depuis quelques temps je m'attribue un peu plus l'aquarelle. Les personnages rappellent assez ceux de la nouvelle objectivité en moins tristes, même s'ils gardent cet aspect mélancolique et doux. Peut être que je m'imagine dans l'Allemagne d'entre deux guerres, où la rue semble recouvrir les marcheurs d'un nuage sale de désillusion. En tout cas derrière ces aspects qui peuvent sembler étranges à certains, j'essaie d'exprimer une beauté fragile, voire un érotisme romantique.




mercredi 24 novembre 2010

Commun temps perdu à chercher le temps

Plus je vieilli, plus l’incohérence de la Vie semble se rapprocher. La Mort serait elle donc une incohérence. Je ne fais qu’accumuler du plaisir. Le sens des choses marche à l’envers. L’endroit parfait semble un lieu commun. Le commun des mortels vivent comme des morts vivants. Les transports en commun me font détester mon prochain. Le prochain arrêt nous amène au lieu commun au lieu de l’amour perdu. Vous êtes ici aux objets retrouvés, comme le temps perdu à se souvenir du temps perdu. Je n’aime que Dieu et ses petits ouvriers. Ses petits techniciens, comme ceux qui font la guerre moderne. Quelle bombe a détruit l’honneur de la guerre, la dignité du soldat ? Jean Cocteau me disait l’autre jour que je devais cesser de regarder le temps passer à l’envers. Je retourne le sablier pour retourner là d’où le sable vient. Le sable doux des enfants qui finissent par devenir trop grands. Ca ne déplace pas des montagnes, mais elles viennent à nous. Le paysage devient mobile, il n’est pas très content. Je n’entends personne, je ne vois personne. Ou sont passés les gens du wagon que je détestais ? Peut être y avait il une personne charmante, qui m’aurait donné l’heure ? Tout à l’heure je pensais que j’arriverai en retard, à l’endroit du Vide. Mais il y avait du Vent. Perdu. Le vide avec du vent c’est du temps perdu à compter les grains de sable qui se déplacent en dune mobile.


vendredi 12 novembre 2010

La Tradition de la maman. Se souvenir V. Despentes

Extrait d'un de mes onglet de navigateur Internet volume 3, aujourd’hui une interview de Virginie Despentes de l’année dernière.
Pour revenir une nouvelle fois sur Virginie Despentes, l’image que je me faisais d’elle n’était pas une image qui m’attirait. Je ne sais pas si cette image venait des médias qui avaient bien fait leur travail de réduire une personnalité à des éléments disgracieux ou à des bribes de phrases, mais encore ici, si ce sont des bribes de phrases, cela tient du montage médiatique également.




Malgré l’image que je m’étais faite (ou laissé faire par certains médias et ses suiveurs), lorsque je lisais des propos de Virginie Despentes, je me trouvais face à des réflexions passionnantes qui selon moi ont besoin pour notre société moderne d’être développées. (On peut critiquer la modernité et vouloir revenir à la Tradition mais on peut aussi tailler la modernité avec ses propres outils vers quelque chose de plus intéressant). Je ne prends qu’un petit passage de l’interview mais celle-ci aborde de nombreux points qui m’intéressent. Ce passage fait écho à l’extrait précédent d’une interview d’Orlan à propos de la maternité, qui encore une fois exprime vraiment bien mes idées.

On n'est pas dans une société post-féministe et jamais la propagande n'a été aussi forte pour que les femmes fassent des enfants. Je pense que l'envie de faire des enfants n'est pas si naturelle et si universelle pour toutes les femmes que ça. Elle est créée par un discours qu'on entend depuis une vingtaine d'années, et qui n'a qu'une finalité, c'est qu'on va faire la guerre. On produit des humains, des humains parce que le fils de Sarkozy dans quelques années va les emmener se faire tuer. C'est une propagande de type bonapartiste. La maternité, c'est un pouvoir énorme, et je ne comprends pas pourquoi les femmes ne l'utilisent pas en disant, nous on ne fera plus d'enfants tant qu'ils sont 35 par classe, stop, tant qu'il n'y a pas de crèches, stop, tant qu'on bouffe des OGM, stop... T'as le pouvoir total et tu ne t'en sers jamais?! Pourquoi est-ce que politiquement, on prend jamais le pouvoir? Et après, y a un truc totalement personnel: pourquoi, pour moi, l'utérus artificiel serait une bonne chose, parce que pour moi de venir de la mère, c'est la névrose totale. Faut rompre avec cette tradition de la maman.


in Archives Tetu

Journalistes VS Média

Journalistes VS Média (ligne éditoriale, soumise aux promoteurs)


J'avais inséré cette parenthèse dans la note que je rédigeais, mais par soin de concision il me semblait plus méthodique de l'isoler. J'en parle donc, tout en esperant pouvoir la développer plus tard même si je pense que ces quelques lignes restent assez claires :

Autant j’apprécie le travail de nombreux journalistes, chercheurs, investigateurs, généreux transmetteurs, autant j’ai peu de sympathie pour un grand nombre de médias populaires, et je tiens à faire cette distinction, car j’entends souvent (enfin mes deux précédent copains) une haine des journalistes, les mettant tous dans le même panier, ce qui me peine terriblement. Du coup je pars souvent dans des débats déchirants où nous sommes pourtant d’accord sur une certaine méfiance vis-à-vis des médias (et non de tous les journalistes).

jeudi 11 novembre 2010

Jagy

J'ai profité de cette journée pour ne pas sortir de chez moi et éviter de faire autre chose que du dessin. Donc voilà Jagy. Je n'arrive pas à savoir ce que j'en pense hormis le fait qu'il m'a pris beaucoup de temps aujourd'hui. Ces derniers temps j'essaie de dessiner chaque jour pour progresser, travailler mon trait, ne pas le perdre. Je fais donc des dessins d'observation à partir d'images. Je les publie sur mon blog : http://holymane.blogspot.com.



J'aimerai dessiner plus de personnages inventés, mais je n'ai pas encore de grande aisance avec les postures. Ca faisait longtemps que je n'avais pas dessiné un personnage de manière appliquée, minutieuse et léchée. J'ai utilisé mon stylo feutre micron 005, et je crois que j'aurai du tout faire à la plume fine puisque le stylo feutre n'est pas assez couvrant ou contrasté et l'effet de trame n'est pas assez efficace je trouve.

Je me demande si je vais lui faire un fond, quel fond ? Un aplat à l'encre grise, colorée ? Lui ajouter de la couleur au crayon ? On verra selon ce qu'il me demande. Idéalement je pourrai l'aquareller, mais j'ai peur de gâcher son effet noir et blanc.

Vu le temps que j'y ai passé, il faudrait que je le décline d'une manière ou d'une autre (en collage, en transfert sur tissu,...).





Le personnage fait environ 27 cm de hauteur sur du papier de 33 cm sur 19,8 cm.



***



Il tient un tube à essai dans la main, soit parce qu'il est alchimiste (il a même une boucle d'oreille Jupiter (je ne sais pas pourquoi)) soit parce qu'il boit de la Jagermeister. Probablement les deux en fait.

dimanche 07 novembre 2010

Des fleurs

J'aime bien les fleurs.

Des fleurs oranges sur mon balcon.

Des graines achetées en pays germain.

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mercredi 03 novembre 2010

Seasons in the sun

J'apprécie quand une personne me parle passionnément de quelque chose. Une des choses merveilleuses avec Sth était son enthousiasme devant la musique. Il m'a permis de découvrir sous les facettes de sa personnalité l'engouement des sonorités des années soixante/soixante dix. Cette légèreté dans les mélodies avaient une nouvelle fraicheur, enveloppée d'un voile de mélancolie. Un sentiment oppressant devant une musique joyeuse, un malaise exploitable pour créer plus d'effets. Evidemment, si l'on associe le personnage de Boyd Rice, tout devient plus complexe et subtil et on décèle alors les nombreux niveaux de lecture. Sth m'avait fait écouté l'album Seasons of the sun du groupe Spell (Rose McDowall et Boyd Rice). C'est toute la personnalité de ce dernier qui va chercher l'élément naïf d'une chanteuse de Strawberry switchblade pour en faire des albums rappelant son activité de collectionneur pointu et DJ. On imagine aussi l'alliance d'un sataniste éclairé avec une petite elfe magique baignant dans les sphères de la musique.

Seasons of the sun est un album qui ne m'a pas paru évident à la première écoute car je suis très éloignée de la culture pop. Puis finalement ce sont des chansons comme Stone is very very cold qui respirent dans mon corps sans m'en rendre compte et demande une réécoute passionnée. Je pense être sensible à cette très légère réverbération éthérée de cette petite voix douce et fragile.
C'est notamment cette chanson qui a ouvert le set de Rose dimanche dernier à Paris et j'étais tout à fait sous le charme.





La reprise Seasons in the sun mérite aussi toute notre attention, sous ces airs de musique gentillette, les paroles joyeuses sont des au revoir tendres aux personnes chères à la perspective d'un suicide, au milieu des oiseaux chantant dans le ciel et des jolies petites filles partout.





Goodbye, my friend, it's hard to die
When all the birds are singing in the sky
Now that the spring is in the air
Pretty girls are everywhere
When you see them I'll be there



jeudi 28 octobre 2010

Les déchets de la vie active.

Encore une note à compléter :/ (par les images et les liens,...)


A constater la cadence de mes twitts, il devenait plus sain que j’écrive une nouvelle note.
Hier, j’ai pu assister à la rencontre d’un artiste qui m’a profondément inspiré. Il m’a plutôt encouragé à continuer ce que j’aimais faire, à travers l’essence de son travail qui est l’authenticité. Le chemin, artistique, que je prenais a souvent rencontré des formes qui tendaient à me resituer vers quelque chose de plus actuel, contemporain, ce que j’ai fait. Ainsi, au profit d’un encrage dans le monde présent, je me suis ravisée sur certaines formes que j’aimais, les formes plus populaires, comme : La culture manga, culture japanophile que j’ai su me réapproprier, en parallèle de leur appropriation autonome vers les terrains de « la mouvance actuel ». (Murakami à Versailles le démontre assez bien). La culture de la musique métal, que j’ai plutôt mis de côté malgré un retour vers le punk et la musique batcave (de manière superficielle). La culture « brocante », je ne saurai comme la nommer en fait.

J’essaie de suivre la vie moderne et de suivre le courant pour ne pas trop souffrir de ma marginalité, déjà trop affirmée pour certaines personnes. (Apparemment pour une assistante sociale être « artiste » (bien que je sois styliste, et ça rejoins les arts appliqués à l’industrie) constitue déjà une tare assez contraignante).
Je garde un œil sur le chemin de la vie active, que je considère au fond de moi-même assez éloignée de mes principes (en gros je ne suis pas dans une logique (néo-)libéraliste, mais j’aimerai un rapport plus humain, dans le sens de la nature, du respect, de la santé, de la culture, voire de la religion païenne, peut être traditionnelle…).
Une des chose que j’ai apprise était de jeter les objets inutiles. J’ai fait un grand pas ce mois ci en jetant notamment les tickets de caisses que je gardais. J’ai une tendance à la collection, l’archivage, l’accumulation, à la récupération, au détournement. Cela vient je suppose au fait que je n’avais pas grand-chose quand j’étais petite. Peu de jouets pour Noël, peu de vêtements neufs, rien qui ne stimule mon imagination, ni livre, ni personnes pour m’accompagner dans des musées, j’ai donc commencé, comme beaucoup d’enfants et j’espère encore aujourd’hui, par collectionner des cailloux. C’était un véritable trésor, chaque petit minéral, avec ses particularités avait une identité. Cette attention que je donnais à des choses qui pour les adultes dont considérés comme sans valeur, créait une charge émotionnelle, une vie, un égrégore puissant. Je me souviens en CE1 il me semble, avoir au côté de la barbie d’une camarade, un mouchoir tordue et retordue qui sous les traits de mon imagination était une princesse.
J’ai continué à accumuler les objets qui pouvaient être des futurs matériaux, puis le fait de devoir déménager, de ne pas avoir de véritable chez moi (j’ai toujours ma chambre chez mes parents comme lieu fixe), m’a imposé de lester mes trésors de ma vie imaginative vers la vie active, recherche d’emploi rendez vous d’humiliation avec des conseillers administratifs fascistes, heures perdues à garder un œil sur son sac dans les transports en commun, la vraie vie donc, celle qui est valorisée, encouragée et légitime. Car si tu dis à quelqu’un que dans ta vie tu collectionnes des cailloux, non pas des pierres précieuses, des cailloux, il te trouvera moins intéressant que si tu te perds dans les affres administratives pour finir dans un 35h pourri avec des collègues qui te parlent du programme télé, avec la seule ambition le soir de te trouver un plat cuisiné à base de sel et de tumeurs carnées qui te laisse le temps pour consulter tes mails à base de « kikou ça va ? ».

Finalement j’ai continué à porter des vêtements chargés par le passé de fantômes, que je sortais d’un bac dans des brocantes de Seine et Marne. Je n’étais pas du tout quelqu’un de présentable, je n’avais pas de vêtements en viscose désagréable qui en plus de l’électricité statique, maintient l’exploitation de pétrole à des cadences monstrueuses en termes de pollution, ces vêtements n’étaient chargés que des fantômes des ouvriers du tiers monde sous payés, dont le marché rendait responsable la suppression de milliers de postes par l’arrêt d’usine nationale qui respectait trop les normes de sécurités, d’hygiène et de condition de travail, facteurs non rentables aujourd’hui.

Dans la vie active, la vraie, celle qui est préconisée, il faut être super actif, sinon tu n’es rien, ni quelqu’un d’intéressant, ni quelqu’un qui mérite son salaire ou la reconnaissance. Même parmi les activités artistiques, l’art, le cinéma, la musique, tu dois montrer, faire semblant, spammer fort, donner à voir du contenu émotionnel fort qui crée virtuellement l’image de l’authenticité tout en bafouant les simples règles de politesse, au fond tu n’es rien, juste un porte manteau recouvert de médailles en plastique plaqué or, car tu n’as même plus le temps pour pouvoir apprécier la qualité d’un matériau noble, la qualité tout court.

Quand j’avais 14 ans, j’avais vu le clip prison sex de Tool, déjà je voulais m’éloigner de ce genre musical. Je savais que l’avenir n’était pas vers ce style visuel là, cette animation image par image, puis les thèmes trop vu, trop exploités. Mais j’ai gardé ça dans mon cœur. J’ai gardé dans un coin de mon cœur l’attrait pour l’esthétique « fake-indus », je ne sais pas trop comment la nommer. Je continuais à collectionner les déchets métalliques urbains, les écrous rouillés, que je transformais en perles. J’ai fini par assumer ce goût et j’ai travaillé en seconde année de BTS sur ces déchets, ces objets déchus, qui ont perdu leur valeur utilitaire, pour être jeté, tel un porteur de Lumière dans le caniveau.

Puis j’ai eu Internet et j’ai découvert Jan Svankmajer, grâce à Trevor Brown, qui dans le partage de ses goûts a été le meilleur professeur que j’ai eu. Je suis peut être un peu déçue dans la rencontre d’hier des problèmes posés par la traduction, et le fait que monsieur Svankmajer n’ai pas pu parler de ce qu’il pensait des générations futures, de l’héritage qu’il aurait pu laisser et notamment des frères Quay, cités dans les questions à la fin.
Hier j’ai regardé quelques courts métrages au cinéma qui dorment depuis longtemps dans mon disque dur, et le travail sur les objets détournées ou auxquelles on donne une nouvelle vie, et son court métrage avec les pierres m’ont guidé de nouveau vers ces questions existentielles, à savoir qu’est ce que la vie ? Est ce la course à la reconnaissance en décrochant un rôle de figurant dans cette comédie qu’est la société, ou est ce contempler des cailloux en leur donnant une âme grâce à notre potentiel imaginatif ?

Dans mes démarches plastiques d’utilisation de matériaux, dans la volonté de créer du caractère plutôt qu’un produit commercial avec des matériaux rentables et rapides à exécuter, ces questions me tourmentent, car je me place plus du côté de la valeur émotionnelle d’un objet, d’un vêtement, de son caractère unique que dans une culture moderne du jetable, de l’échangeable, de l’obsolescence etc,… J’ai peu d’espoir dans les perspectives de mon chemin choisi, parce que même si je sais que c’est possible, je n’ai pas l’énergie pour survivre dans un monde dans lequel je ne me retrouve pas. N‘ayant aucune passion dans le combat, aucune fierté à gagner, je me sens désarmée, mais par le choix même de ne pas porter d’armes.

lundi 25 octobre 2010

un flux riche en protéine

Je voulais partager ici une nouvelle fois une "citation aléatoire d'un de mes onglet de navigateur Internet" (même si ce n'est pas ou c'est plutôt faussement "aléatoire"). Cette fois ci il s'agissait d'une émission radio mais j'ai retrouvé le texte initial. Avant cela je veux faire une introduction sur mon rapport à twitter (sans développer véritablement donc si la logique vous échappe c'est pour ne pas mettre en avant ici mes pensées mais plutôt la citation). Je ne vais pas parler de tout ce que m'évoque twitter et encore moins de toutes les choses passionnantes de Danah Boyd, mais j'avais envie de retenir le parallèle entre l'alimentation grasse et un certain type d'information.

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J'adore twitter, j'en rêvais avant de connaître Internet, avant d'imaginer qu'un ordinateur ne puisse pas seulement être en caractères verts sur fond noir.
Depuis mes premiers souvenirs j'ai toujours aimé "réfléchir" et formuler mes observations en courtes phrases dans ma tête. J'en arrivais à donner des titres à mes journées. J'étais et je suis mauvaise en communication et je voulais déjà partager ce que j'avais dans la tête mais sans la parole. Cela fait plus de deux ans que je twitte quotidiennement (accès à mes twitts sur ce blog dans la colonne de gauche). Quand je me lève, je me prépare un petit déjeuné que je déguste devant twitter. J'apprécie la possibilité d'ouvrir des dizaines d'onglets en suivant les liens des personnes qui m'intéresse. Ce qui fait que je n'aime pas du tout twitter sur mon téléphone, à ma grande surprise (même avec un navigateur à onglet ce n'est pas assez pratique). Je souffre déjà de twitter, de ne pas pouvoir tout suivre. J'ai appris à me convaincre que ce n'était pas "grave". Je ne suis plus dans le flux mais dans la saturation et la frustration.
J'aime bien prendre connaissance que des personnes se sont posés des questions sur le sujet, l'ont étudié et sont allés bien plus loin que le simple constat de "je suis frustrée de ne pas enregistrer toute cette information". C'est le cas par exemple de Danah Boyd, dont j'ai entendu les idées sur France Culture.


2. La stimulation ? Les gens consomment le contenu qui leur stimule leur esprit et leurs sens. Ce n’est donc pas toujours “le meilleur”, ou le contenu le plus informatif qui retient leur attention, mais celui qui déclenche une réaction. Ce qui n’est pas une bonne chose en soi, rappelle la chercheuse. “Comparez avec l’alimentation : notre corps est programmé pour consommer les graisses et les sucres, car ils sont rares dans la nature. Quand ils passent autour de nous, nous ne pouvons pas nous empêcher de les attraper… De même, nous sommes biologiquement programmés pour être attentifs à des choses qui nous stimulent comme les contenus violents ou sexuels (…). Si nous n’y prenons pas garde, nous allons développer l’équivalent psychologique de l’obésité. Nous allons nous mettre à consommer les contenus qui sont le moins bénéfiques à nous-mêmes ou à la société dans son ensemble.”



Source internetactu : Danah boyd : Ce qu’implique de vivre dans un monde de flux

dimanche 24 octobre 2010

Cris et chuchottements - Ingmar Bergman (1972)

Nouvelle note.
Difficile de me détacher du net depuis l’effet Twitter, pourtant j’ai réussi avec Tumblr, et j’ai plutôt survécu. Est-ce que je quitte le Louvres avant d’avoir regardé chaque œuvre d’art ? Non j’attends que les agents de sécurité me chassent à la fermeture. Quelques petits rituels pour honorer le démon de la procrastination comme se verser un bol de céréales à minuit quarante quatre et choisir sa playlist pour la rédaction d’une nouvelle entrée de blogue et voilà mon introduction terminée.
Cette semaine je suis allée voir un film. Et je crois même que je n’ai regardé qu’un seul film. En ce moment je me limite en sorties cinéma, concerts, expositions pour tenter de me concentrer sur la production (créer de nouveaux modèles de vêtements et accessoires, refaire mon book, faire du stock, travailler mon dessin, faire de la photo, de la retouche d’image, de la mise en page, m’informer, gérer des détails administratifs nécessaires,…). C’est très frustrant.


Bergman.
Ce lundi je suis allée voir à la cinémathèque française Cris et chuchotements (1972) de Ernst Ingmar Bergman, troisième film vu de ce réalisateur dont le travail m’intéresse (après Fanny et Alexandre (1982) et La Source (1960), dont on dit qu’il a ouvert la voie à des films de Rape and Revenge, à commencer par le culte Thriller (1974) du compatriote suédois Bo Arne Vibenius). Dans ces trois films, un des aspect récurent qui m’intéresse est le dogme, la foi religieuse. Dans le premier film cité on pourrait y voir un portrait plutôt négatif, bien que non manichéen du catholicisme (tout en n’effaçant pas le judaïsme) et dans le second, un portrait assez « beau » (tout en suggérant un certain paganisme (Odin)). Il y a de nombreux aspects sur lesquels on pourrait se focaliser dans ces films tant ils ont de subtilités et d’aspects passionnants, mais l’esthétisme religieux est un de mes fétiche.





Présent et Après.
Quand je pense à un film, je me demande parfois si je l’ai aimé. Question très difficile pour moi. J’aime dégager deux grands moments importants : celui du présent du film (la projection) et celui de l’après (le souvenir). En visionnant ce film je savais déjà que son après serait plus agréable que son présent, pour une simple question de rythmes.
Comme beaucoup de films japonais, ou certains films de David Lynch ou de Stanley Kubrik, j’aurai tendance à soit m’ennuyer, soir m’endormir, tout en prenant sincèrement plaisir à « être dans le film ». Pour certains films, j’aime à dire « il aurait mérité d’être un peu plus court » (par exemple Enter the void de Gaspard Noé), mais pour d’autres, malgré la difficulté à soutenir le moment présent, quelque chose qui me dépasse m’impose la contemplation et la modestie.

Son et photo.
Tout ça pour dire que les longs silences, cris ou chuchotements de ce film ne me rendait que plus insupportable le son des frottements de main de ma voisine de salle obscure. Pourtant le découpage est assez bien mesuré, grâce à ces magnifiques fondus au rouge sur le gros plan d’un de des personnages féminins.
Une des force appuyant positivement ce film dans mon souvenir vient de ma sensiblerie pour ces costumes fin XIX ème siècle et ce décor d’intérieur bourgeois à tendance néo gothique (pour le mobilier surtout) ainsi qu’à cette même couleur rouge des murs. Cet aspect photographique est fabuleux, seulement il dure pendant une heure et demie, alors que j’ai formaté mon œil au feuilletage intensif de visuels à la demi-seconde.





Personnages.
Donc je ne saurais trancher si j’ai aimé ce film ou non, mais en tout cas j’ai décidé de vouloir m’en rappeler car il avait quelque chose d’important.
J’ai particulièrement aimé la différence des personnages, trois sœurs et une bonne. L’une est décrite dans tout ce qui me dégoute dans le féminin, c'est-à-dire une femme à l’allure légère et gourmande, sexy et joviale. C’est un personnage fascinant pour moi tant il incarne exactement quelque chose de répulsif tout en ayant une beauté que je lui reconnais. Une autre est présentée comme une femme plus austère et froide, qui n’en ai pas moins émotionnelle. Je me suis évidemment identifiée à son personnage, surtout quand celui-ci cri « ne me touche pas, je déteste les contacts physiques ». Elle avait cette beauté de la sévérité qui me rassure tant. La troisième faisait le pont entre les deux dans une sorte d’amour mais aussi de mort. La bonne avait un charme tout à fait authentique venant de sa peau nue (pure par rapport au maquillage discret des deux précédentes), maculée de tâches de rousseurs enfantine.

Austérité perverse.
Dans le moment d’après du film, je me souviens de certaines scènes « fortes » alors que pourtant le présent ne s’incommode pas d’ellipse.
J’aime particulièrement cette austérité catholique d’une photogénie exquise. Ca me renvoie à l’érotisme de l’interdit, au fétichisme du carcan et au fantasme du rapport charnel dévié du charnel. Je ne sais pas à quel point cela est choisi ou conscient de la part du réalisateur et du public, mais pour moi, ça me parle dans mon langage.
Hormis le côté baroque des années soixante dix (le côté œil de biche, bouche gourmande et cheveux gonflés), ça me fait penser à quelques films de Michael Haneke, la pianiste (2001) et le ruban blanc (2009) dans cette idée que je me fais d’une perversion esthétique de la rigueur.


mardi 19 octobre 2010

Parfois j'oublie. Se rappeler Orlan.

Citations aléatoires issues de mes onglets firefox.

En utilisant masques de carnaval, ORLAN impose « sa » différence construite, vis-à-vis d’un visage « préfabriqué » relevant de l’inné.


X


« Il s’agissait pour moi de pointer deux formes de formatage : celui de la nature, de l’inné, qui nous fabrique d’une certaine couleur, d’une certaine forme, en fonction, à la fois de l’endroit où vous êtes né, des parents que vous avez eus, ces choses qui vous échappent complètement ; et puis un autre type de formatage pour lequel souvent, nous n’avons pas d’esprit critique ou peu, qui est un formatage imposé par la société. Il s’agissait donc de toucher au corps, d’oser en faire ‘autre chose’ alors même qu’on nous impose de ne pas y toucher, dans la problématique de l’invention de soi, en essayant de faire bouger les barreaux de cette cage. Il fallait aussi mettre en place des critères autres que ceux qu’on nous montrait, qu’on nous désignait comme étant des ‘modèles’ à atteindre. En tant que femme, je voulais impérativement changer cela ».


Avec nous, ORLAN aborde son irrépressible dégoût ou désespoir devant ce qu’elle appelle « la fabrique du consentement », qui traduit la résignation voire la régression des comportements d’individus toujours prêts à suivre, où à vouloir poursuivre des modèles pourtant désuets, surannés. En particulier les jeunes filles dont le rôle de « mère » est presque toujours vécu comme un « destin », un rite de passage qui justifierait leur condition de « femme ». ORLAN remarque qu’il y a une fabrique du « consentement » :

« Aujourd’hui cette fabrique fait que la plupart des femmes veulent de nouveau être « bonnes » mères, « bonnes » épouses, cela me paraît une voie très dangereuse. D’autre part, il est difficile d’imaginer, dans un monde si pollué, une terre davantage surpeuplée. Car plus il y a d’êtres humains, plus il y a d’enfants, et plus de pollution. Plus on a d’enfants, moins on a le temps de se défendre dans la compétition professionnelle qui s’est instaurée dans notre société.»


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samedi 09 octobre 2010

Le sens de l’œil est le goût.



Dissection des ingrédients.
Cultiver mon goût est pour moi primordial. Il n’y a pas de mystère à cela ni de don divin, juste une envie et beaucoup de nourriture visuelle. C’est en cela que l’œil se fait l’organe du goût car c’est par celui-ci que commence le contact entre le monde extérieur et mon monde intérieur. Toutes les formes artistiques et autres vont ensuite se substituer à la forme qui me va le mieux, c'est-à-dire la forme visuelle. Ainsi, la musique, la poésie nourrira ce que mon œil a perçu pour construire une chose beaucoup plus massive telle une sculpture merzbau. Mes oreilles, mes mains, mon nez deviendront mon Œil.

L’œil est un symbole récurent chez moi. J’ai choisi mon medium d’expression à travers ma vision du stylisme. L’œil en mode est ce qui est de plus important, c’est ce qui va capter l’air du temps. L’air du temps est fluctuant, il semble même archivable. A l’intérieur de soi même, l’archivage des différents airs du temps constitue notre culture, notre histoire des styles et formera notre goût.

Pour moi, le goût doit avoir un rapport avec la connaissance. Tout le monde a son propre goût, mais j’accorde plus de plaisir au goût de la personne curieuse et érudite. Bien qu’une personne « sans goût » (avec peu de connaissance d’histoire ancienne, contemporaine et alternative des styles) pourra être un sujet d’étude pour mon Œil et me donner de l’inspiration, à la manière d’une anthropologie désuète.

La masse d’information des différentes histoires des styles (du mobilier en passant par la musique jusqu’au cinéma) devront prendre corps grâce à un certain liant formé par les idées, la pensée, la réflexion, la philosophie, la politique,… Ainsi la personnalité de chacun donnera un goût légèrement différent à partir de la même nourriture intellectuelle. Les idées, les pensées venant principalement de notre propre vécu, fatalement différent d’un individu à l’autre.



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Solitude
Quand je dis que le goût est primordial c'est-à-dire que je lui donne une priorité sur tout, sur l’argent, la sécurité, la popularité, l’amour,… C’est plus une discipline qu’une distraction, et j’ai un problème véritable avec tous ceux qui ne partagent pas cette distinction. Ainsi, ma vie, mon existence aspire à la connaissance pour reprendre le but de réalisation d’un sims.
Il est difficile d’accepter, de renoncer à l’idée d’omniscience, c’est une torture qu’Internet m’inflige en me laissant voir ses possibilités, tout comme les activités de la capitale.
Le choix que nous faisons, les priorités que nous nous fixons vont tout de même permettre à réduire notre goût vers quelque chose de plus individuel.
J’exprime souvent l’idée de ma souffrance devant le fait de ne pas me sentir comprise, telle que je suis. De là nait un désir plus ou moins caché ou refoulé de vouloir échanger avec une personne qui me comprenne. Me comprendre, cela revient idéalement pour moi à comprendre mes goûts, et pas seulement les connaître. Là encore, j’essaie d’accepter qu’une personne ne puisse pas partager toutes mes émotions, toute ma culture, tout ce que je suis. J’ai pourtant touché cet état presque symbiotique avec H.
Aujourd’hui, je ne veux pas avoir un copain qui remplirait cette mission, j’aimerai essayer d’aimer la personne que je choisirai être mon copain, et donc respecter son intimité en lui autorisant d’être elle-même, avec ses goûts, ses choix de vie, ses priorités différentes des miennes,…
J’ai choisi un copain qui me paraissait adulte, organisé, carré, quelqu’un derrière qui je ne serai pas obligé de faire la vaisselle ou remplir son frigo. Ce n’est pas tant que « j’ai choisi » consciemment cela, mais je suis juste tombée sous le charme d’une personne comme ça. Et pourtant, je m’étais gardée de fréquenter intimement toute personne qui ne soit pas artiste ou qui ne comprenne pas le spleen de l’artiste. Mais les garçons que j’ai rencontré dernièrement, s’ils avaient le charme du créateur et du passionné d’art, étaient vraiment brouillons, mal organisés, égoïstes, hésitants, peu fiables. J’ai trop souffert de ce miroir où je m’énervais devant chaque maladresse. Donc je comprends combien j’aime la personne organisée avec qui je suis, qui me permet de l’admirer dans sa discipline et son soin partagé à ne pas être approximatif.

Seulement ce soir, je me trouve face à des questions. A la fois je suis contente de la distance que nous avons, c'est-à-dire qu’il vit sa vie, et ça me laisse le temps de vivre la mienne et notamment d’être dans le processus de création qui me demande une solitude physique, de ne pas me dissiper en sentiments amoureux ou autres. Mais parfois je me demande si je ne suis pas trop accessoire à sa vie. Je crois que mon « récent » besoin d’être réconfortée face à la perspective d’abandon ne m’aide pas à être plus lucide, donc je garde une réserve face à ses théories. Mes dernières petites histoires amoureuses m’ont ré-ouverte la plaie de ma rupture avec H et j’en garde une peur (de l’abandon) très laide et encombrante. C’est nul de la part de mes émotions, qui selon moi s’expriment à cause d’un mauvais vécu enregistré par mon corps.


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Hiérarchies.
Je fais partie de ses anonymes du net, qui se sont nourries de références visuelles du net et qui cherchent à sentir un écho chez d’autres personnes du net. Ma vie à l’extérieure (in fake life) n’est que matière à nourriture visuelle et intellectuelle. Je me fais des contacts pour mieux me faire une place dans cette hiérarchie imaginaire du goût.
Si le goût est vénéré, la faute de goût est sévèrement punie, et la personne fautive se trouve définitivement bannie. Son avis importera peu, elle ne nous donnera moins matière à réfléchir ou matière à voir. Son avis sur des choses de très bon goût, érigée par les initiés, se trouvera suspect, car on aime certains chef d’œuvre parfois par mécompréhension, ainsi vont les films de Godard. Les films de Godard sont à mon stade de culture cinéphilique, encore un point d’interrogation, malgré le plaisir, l’ennuie, l’intelligence, l’humour, l’agacement ressenti. Pour les comprendre, je dois comprendre une période, des mentalités, la politique de l’époque, celle d’aujourd’hui, lire les cahiers du cinéma etc,…


Interférences.
Parfois j’ai peur, j’interprète avec violence, je souffre d’imaginer que le but de ma vie soit mésestimé. Il l’est je crois, par mon père, qui ne voit pas d’un très bon œil : l’art, la création, le travail créatif, la discipline à enregistrer les informations de style qui comprennent l’interprétation du choix de pâtisseries dans une boulangerie à la compulsation des catalogues d’exposition, car c’est ça pour moi le travail de styliste et même si je ne suis pas rémunérée c’est un travail, c’est une vie.
Il est très douloureux pour moi qu’on puisse imaginer que tout ce que je fais n’est que futilités, passe temps, perte de temps. Quand je recherche des images sur Internet, je ne suis pas en train de tuer mon ennui. Par contre être avec des gens et parler, là pour moi il s’agit de futilité, de perte de temps.
J’ai peur donc, que mon copain puisse dénigrer mon activité, parce que je ne « gagne pas d’argent ». Pourtant je sais qu’il n’est pas dans cet état d’esprit, mais ce qui peut me rassurer est juste l’idée qu’il me comprenne, qu’il comprenne mes goûts, que ceux-ci ne sont pas une vanité, mais mon essence.